Aller au contenu principal
calcul-interets-retard

Taux d'intérêt légal 2026 : comment l'appliquer concrètement

Publié le 22 janvier 2026

Le taux d'intérêt légal est la référence qui permet de calculer les intérêts dus par un débiteur en retard de paiement, lorsque aucun taux conventionnel n'est prévu. Malgré son nom, il ne s'agit pas d'un chiffre unique gravé dans le marbre : il est actualisé chaque semestre pour coller au plus près des conditions financières réelles. Cet article décrit son rôle, les deux régimes qui coexistent depuis 2015 et la méthode pour l'appliquer à un calcul concret en 2026.

À quoi sert le taux d'intérêt légal ?

Le taux légal intervient lorsqu'un débiteur tarde à payer une somme d'argent et que le créancier souhaite être indemnisé pour ce retard. En matière civile, l'article 1231-6 du Code civil prévoit que les dommages-intérêts résultant du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent sont calculés au taux légal, et ce indépendamment de la preuve d'un préjudice. Le taux sert donc de référence supplétive : il s'applique par défaut, lorsque les parties n'ont pas prévu autre chose dans un contrat ou des conditions générales.

La logique du taux légal est simple : il doit compenser le coût pour le créancier d'être privé pendant un certain temps d'une somme qui lui était due. Il ne s'agit ni d'une pénalité, ni d'un intérêt usuraire : c'est un prix du temps, fixé par le législateur pour éviter les litiges et pour garantir une prévisibilité aux créanciers comme aux débiteurs.

Deux régimes distincts selon la nature de la créance

La loi française prévoit deux régimes bien différents pour l'application des intérêts de retard, selon qu'il s'agit d'une créance civile ou d'une créance commerciale entre professionnels. L'erreur courante consiste à croire qu'il s'agit d'un même taux avec deux colonnes. En réalité, ce sont deux fondements juridiques et deux modes de calcul indépendants.

  • Créance civile (particulier réclamant à un particulier ou à un professionnel) : on applique le taux d'intérêt légal publié chaque semestre par arrêté ministériel, colonne « créances des personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels » (article L.313-2 du Code monétaire et financier).
  • Créance commerciale entre professionnels (facture B2B impayée) : on applique l'article L441-10 du Code de commerce, qui fixe le taux des pénalités de retard, sauf stipulation contraire dans les CGV, au taux de refinancement de la BCE en vigueur au 1er jour du semestre, majoré de 10 points de pourcentage.

En pratique, le taux B2B de l'article L441-10 est nettement plus élevé que le taux civil : l'intention du législateur est dissuasive, pour inciter les entreprises à payer leurs fournisseurs dans les délais prévus par le Code de commerce. Pour un même retard, un professionnel paiera donc des intérêts sensiblement supérieurs à un particulier. Cette dualité oblige à qualifier correctement la créance avant tout calcul : une erreur sur le régime applicable conduit mécaniquement à une erreur de taux et à un décompte contestable.

Où trouver la valeur applicable à votre semestre ?

Les deux taux d'intérêt légal sont recalculés et publiés chaque semestre. La référence officielle est le site de la Banque de France, qui publie les valeurs applicables avant chaque semestre ainsi que l'historique des valeurs passées. Il est vivement recommandé de consulter directement cette source avant d'envoyer une mise en demeure chiffrée ou d'engager une procédure de recouvrement : banque-france.fr — taux d'intérêt légal .

Concrètement, pour appliquer le bon taux, il faut identifier le semestre dans lequel s'inscrit la période de retard. Si la période chevauche plusieurs semestres (par exemple du 10 décembre 2025 au 20 février 2026), il faut décomposer le calcul semestre par semestre, car le taux change au 1er janvier comme au 1er juillet.

Exemple de calcul générique

Imaginons une facture civile de 1 200 € échue le 30 novembre 2025 et non payée au 28 février 2026. Si le taux civil du second semestre 2025 est X % et celui du premier semestre 2026 est Y %, le calcul se décompose ainsi :

  • Du 1er décembre 2025 au 31 décembre 2025 : 1 200 € × X % × (31 / 365).
  • Du 1er janvier 2026 au 28 février 2026 : 1 200 € × Y % × (59 / 365).

La somme des deux montants donne le total des intérêts dus. Le calcul proratise les intérêts au jour près : c'est ce qui rend l'opération fastidieuse à la main et ce pour quoi notre outil de calcul automatisé est utile. Les valeurs X et Y doivent impérativement être reprises du site officiel de la Banque de France.

Les erreurs les plus fréquentes

La première erreur consiste à appliquer le taux en vigueur à la date du calcul, alors que le taux applicable est celui du semestre concerné par la période de retard. La deuxième est d'oublier le point de départ des intérêts : en matière civile, il s'agit de la mise en demeure conformément à l'article 1344-1 du Code civil, et non de la date d'échéance de la facture. La troisième erreur, plus subtile, consiste à mélanger régime civil et régime commercial lorsque la créance implique un professionnel et un particulier. Enfin, de nombreux créanciers oublient de proratiser les intérêts au jour près et procèdent par approximation ; c'est rarement grave sur de petits montants ou de courtes périodes, mais cela peut devenir significatif sur une créance ancienne ou importante.

Une attention particulière doit également être portée à la base de calcul. Les intérêts portent sur le principal (le montant HT pour une facture commerciale, ou le montant total de la dette en matière civile), pas sur les intérêts déjà courus. Le calcul des « intérêts sur intérêts » (l'anatocisme) n'est admis que dans des conditions précises prévues par le Code civil et suppose en principe une demande en justice.

Pour aller plus loin

Si votre créance est une facture B2B impayée, consultez notre guide Calculer les intérêts de retard pour une facture B2B impayée , qui détaille les spécificités du Code de commerce et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Pour apprendre à rédiger une mise en demeure en bonne et due forme, consultez Mise en demeure de paiement : modèle et bonnes pratiques .

Chiffrez vos intérêts de retard en quelques secondes

Notre outil applique automatiquement le bon taux sur la bonne période et génère une mise en demeure PDF prête à envoyer.

Lancer le calcul maintenant →